mardi 22 août 2017

Mr. Mercedes (Stephen King/David E. kelley)

.... Convaincu par la présence de l'acteur principal de venir jeter un coup d’œil au 1er épisode de cette nouvelle série télévisée, j'en suis depuis au deuxième et ça ne risque pas de s'arrêter là.

Adaptation éponyme d'un roman de Stephen King, auteur dont je ne lis plus rien depuis déjà pas mal de temps, donc impossible (ou presque) de dire la part qu'en contient la série crée par David E. Kelley, mais le résultat lui est bluffant. 
Le showrunner n'est pas non plus un perdreau de l'année, et il a déjà à son actif quelques belles réussites télévisées.
Un stupéfiant travail des accessoiristes/décorateurs
.... Violence explicite, relation filiale perverse tout aussi clairement mise en scène, sexualité  du « troisième âge » joliment traitée, Mr. Mercedes soutenu par une distribution qui fait des étincelles, propose un divertissement à ne pas mettre entre toutes mains .

Toutefois, ceux qui pourront y goûter ne devraient pas le regretter.

.... En effet, cette histoire de flic à la retraite (interprété par Brendan Gleeson) harcelé par un mystérieux tueur démarre - si je peux me permettre ce jeu de mots macabre - sur les chapeaux de roues, et contient déjà de belles promesses d'avenir.

Cela dit je serais curieux de connaître la réaction du constructeur automobile à ce « placement  de produit » peu ordinaire !?

dimanche 20 août 2017

The American Way (Ridley/Jeanty) WildStorm

…. Manière de s’approprier un genre dont la surexploitation rend assez difficile d’y cultiver une voie/voix singulière, et par la même occasion d’asseoir les bases de son propre récit, The American Way pose deux raisons d’être à l’avènement des super-héros dans la société où ils prennent place, déconnectée de tout autres univers connus où ils existent déjà. 

L’une s’inscrit dans l’époque durant laquelle se déroule les 8 numéros de la série de manière évidente, sans être totalement originale, et justifie - astucieusement - la seconde idée qui elle, donne un ton nouveau au phénomène né en 1938 et relancé péniblement mais avec beaucoup de succès, en 1956 [Showcase #4].
The American Way n'est pas avare de citations
Toutes aussi intéressantes que soient ces deux idées, elles n’occupent toutefois que l’arrière-plan (très productif en terme de diégèse cependant) de la série, dont le vrai sujet est la place qu’occupaient les Africains-Américains dans la société américaine des sixties.

Et par ricochet si je puis dire, dans celle d’aujourd’hui, celle du 21ème siècle.

Si le sujet n’a rien de réjouissant, George Jeanty, Karl Story et Randy Mayor (pour ne citer que les principaux intervenants) qui s’occupent de la partie artistique proprement dite de la série (publiée par l'éditeur WildStorm en 2006) lui donnent a contrario un côté lumineux, presque naïf. 
Cet aspect solaire et le sujet plutôt sombre rendent néanmoins un panorama très juste (me semble-t-il) de cette l’époque où tous les rêves étaient semblaient possibles alors même la « réalité » démentait ces aspirations idylliques et utopiques (Guerre froide, assassinat de JFK, guerre dite du « Vietnam », etc.). Cela dit, c’est le propre de toutes les « époques » que d’avoir un spectre plus nuancé que l'idée qu'on peut s'en faire de manière superficielle, a posteriori.
Ridley dit avoir eu l'idée de sa série après avoir lu une anecdote sur le projet spatial Mercury
…. The American Way aussi réussie soit-elle, n’est toutefois pas totalement aboutie. 
Elle contient si j’ose dire, les faiblesses de ses qualités. Autrement dit John Ridley (également scénariste oscarisé, et auteur de The Authority : Humains malgré tout, entre autres) laisse en friche (par manque de place) pas mal des idées qui lui ont permis de construire le contexte de cette aventure. 

Rien qui ne soit pour autant déterminant, mais qui laisse un goût de trop peu. 

Heureusement (?), depuis le mois de juillet de cette année il a remis le couvert pour six nouveau numéros, cette fois-ci dans la collection Vertigo de DC Comics (éditeur propriétaire des univers WildStorm depuis quelques années). 

(À suivre …….)

samedi 19 août 2017

Caballistics Inc. (Gordon Rennie/Dom Reardon) 2000AD

…. Personnages anguleux (presque schématiques), cases quasi ascétiques, noir & blanc épurés ; sur Caballistics Inc. Dom Reardon – le dessinateur – semble importer au cœur de son travail la théorie dite de l’iceberg, d’Ernest Hemingway. Laquelle stipule qu’une histoire se construit avec le non-dit, le sous-entendu et l’allusion. Une sorte d’économie de l’implicite qui trouve un terrain d’expression absolument fascinant ici. « Écrire comme Cézanne peint » disait le prix Nobel de littérature (1954) à son propos.
Rien d’improbable alors qu’un artiste du 9ème art se réapproprie un jour ou l’autre cette technique. 
À cela s’ajoute un sens du découpage, du cadre et de la composition qui captive immédiatement et jamais ne se relâche. 

Autre tour de force, le savoir-faire nécessaire au scénariste (Gordon Rennie) pour faire, à partir d’une matière première tellement rebattue qu’elle est devenue un véritable cliché, un filon de nouveau prospère.

.... Caballistics Inc., tout est dans le titre, le reste s’apprécie encore plus si on le découvre in situ (d'où mon mutisme sur la question), est une série d’un peu plus de 300 planches (disponible en numérique, et en V.O pour 10,99 €) absolument géniale & captivante, avec laquelle j’aurais encore bien fait un bout de chemin. 

Cela dit, la conclusion est à la hauteur des 300 pages qui l'ont précédée.
Un croquis préparatoire

mercredi 16 août 2017

Rose O'Rion (Judge Dredd Megazine)

…. Rose O’Rion, cambrioleuse, aventurière, agent double, évolue dans un univers de science-fiction où la science est plus fantaisiste que rigoureuse. Pleine de ressources et souvent victime de la « loi de l’emmerdement maximum », Rose n’en porte pas moins le pantalon dans des histoires menées tambour battant, où le mâle est soit un faire-valoir ou soit une victime ; bref un second rôle. 
À moins qu’il n’occupe la place de l’antagoniste. 
Une bibliothèque "vivante", voilà une belle idée
…. Si les scénarios des 3 aventures que j’ai lues sont assez ordinaires, ils n’en sont pas pour autant ennuyeux. Kek-W, le scénariste, et les deux dessinateurs (Dylan Teague & Andy Clarke) qui se relaient, puis collaborent sur le troisième récit, proposent un moment de lecture distrayant, mais ne tentent visiblement pas de révolutionner le 9ème Art. 
Ce que je ne leur reprocherai pas. 

…. Reste une héroïne qui occupe, avec simplicité et beaucoup de naturel, un rôle d’ordinaire dévolue aux hommes, sans pour autant en devenir un, et dont les qualités – en tant que personnage - mériteraient qu’on la revoit dans de nouvelles aventures.

mardi 15 août 2017

Incognegro (Mat Johnson/Warren Pleece) Vertigo

« Je cherche à trouver les mots justes pour raconter une histoire. Ensuite, ces mots peuvent permettre d’exprimer quelque chose sur la race, ou sur l’Amérique. Et peut-être amener mes lecteurs à y réfléchir à leur tout. » 
Colson Whitehead (auteur notamment de « Underground Railroad »)


…. Quand bien même Incognegro est-il un ouvrage qui prend position, Mat Johnson n’oublie pas que la collection Vertigo – aussi sophistiquée soit-elle – propose, avant tout, des histoires.
Il ne s’agit donc pas ici d’un essai mais bien d’une fiction qui use des ressorts qu’on en attend. 

Parue sous la forme d’un graphic novel, autrement dit d’un album de bande dessinée publié d’un seul tenant, par opposition aux fascicules périodiques, système de ventes encore dominant aux U.S.A, il s’inspire de la propre imagination du scénariste, de ses propres enfants et de l’exemple de Walter Francis White.

L’Incognegro du titre est un journaliste d’investigation qui écrit – sous pseudonyme – dans les années 1930. Il use d’une particularité physiologique pour enquêter dans un domaine pour le moins sordide : la pendaison d’individus, dont le seul crime est - souvent uniquement - d’être d’une « couleur » différente de celle de leurs lyncheurs. 

Instantanée d’une époque sous couvert d’un whodunit, Mat Johnson consolide son récit avec des personnages complexes et travaillés. Malgré la gravité de son sujet, une fiction basée sur des événements qui ont réellement eu lieu mais dans des contextes différents, il réussit néanmoins à y injecter une petite, mais salutaire, dose de comédie.
D'abord envisagé en "niveaux de gris", Warren Pleece optera pour un N&B contrasté
…. Choix judicieux, à plus d’une titre, d’un noir & blanc contrasté, intelligence du découpage, expressivité des visages (qui n’a rien de fortuite), rien ne manque à Warren Pleece pour faire d’Incognegro, dont la sobriété et l’absence d’effets pour eux seuls, un moment de lecture immersif, aussi distrayant que stimulant.

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L'année prochaine, en 2018, paraîtra chez l'éditeur Dark Horse et sous l'égide de Karen Berger, grande prêtresse des destinées de Vertigo pendant longtemps et qui revient donc aux affaires, une prequel à l'album dont il a été question ici. (En plus d'autres titres tout aussi prometteurs sous le label « Berger Book »).

lundi 14 août 2017

Dead Men Walking (James Stevens/Boo Coock)

…. Dead Men Walking débute de façon assez classique : un détachement de prisonniers arrive dans lieu de détention, microcosme gouverné par le « darwinisme social » le plus exacerbé, où chacun des nouveaux devra choisir son camp. Celui des proies où celui des prédateurs.
Loin de se cantonner uniquement à une énième histoire en milieu carcéral, Dead Men Walking propose aussi un contexte de science-fiction qui ne fait pas que de la figuration (sans être pour autant de la hard science). 

Sans être d’une originalité folle, le scénario montre suffisamment de ressource pour stimuler la curiosité tout du long. Grâce – également – à un mauvais esprit affiché et à de multiples retournements de situation. 

Une lecture rendue encore plus agréable par le travail de Boo Coock, dessinateur au style reconnaissable entre tous qui dynamise visuellement cette histoire, déjà menée à un train d’enfer par son scénariste.  

.... David Bisphop, qui publie ici sous un alias, longtemps editor de 2000AD et du Judge Dredd Megazine, démontre des qualités de scénariste au moins égales à celles d’essayiste (que je lui connaissais). 
On lui doit notamment une excellente (et plutôt exhaustive) histoire de l’hebdomadaire britannique déjà cité, intitulée Thrill Power Overload.

samedi 12 août 2017

The Shadow (Spurrier/Watters/HDR)

Mike Kaluta
.... Si Spurrier, scénariste multicartes, s'attaque ce mois-ci au Shadow , justicier mystérieux, armé & dangereux.
S'il est né sur les ondes radiophoniques étasuniennes - sorte de « Monsieur Loyal » d'une émission policière - le Shadow a néanmoins établi sa réputation grâce à ses aventures parues dans les pages des pulp magazinesNotoriété qu'il a ensuite entretenue au cinéma et dans les pages des comics.

.... Ce premier numéro, écrit en collaboration avec Dan Watter et dessiné par Daniel HDR a sérieusement attisé ma curiosité, ce qui est toujours bon signe.
Une aventure contemporaine de ses lecteurs
Cependant, une telle entrée en matière nécessite le soutien très actif des épisodes suivants pour ne pas être autre chose q'un pétard mouillé, dont l'implosion serait inversement proportionnelle aux attentes qu'il aura provoquées. 

Reste quoi qu'il arrive, une narration qui, si elle a déjà fait ses preuves n'en est pas moins efficace.
L'histoire est racontée par un tiers à un inconnu dont l'identité - pierre d'angle du scénario devine-t-on - se précise au fur et à mesure qu'elle progresse. Même si elle ne fait que confirmer ce que l'on pressent, elle fait son petit effet.

(À suivre ....)

mercredi 9 août 2017

SCARAB (John Smith/Scot Eaton) Vertigo

…. Ne nous voilons pas la face, si nombres d’auteurs britanniques se sont vus ouvrir les portes de l’industrie de la bande dessinée américaine à partir du début des années 1980, outre la légende dorée (et un tantinet exagérée) d’une recherches de créateurs inventifs, l’une des raisons – voire la raison - qui a motivé cette ouverture et qu’ils étaient moins chers que leurs homologues étasuniens. 
John Smith lui, fait partie des scénaristes britanniques qui se sont manifestés auprès de DC Comics lorsque Jamie Delanno a annoncé son départ de la série phare du label Vertigo, mais c'est finalement Garth Ennis qui a été retenu pour écrire les aventures de John Constantine.
Si pour les lecteurs américains (et les lecteurs français) John Smith est pratiquement inconnu, encore aujourd’hui d’ailleurs, il n’en est pas de même outre-Manche.

Scénariste collaborant depuis de nombreuses années au périodique 2000AD, où il a entre autres créé Devlin Waugh ou encore la série Indigo Prime (dont deux personnages* viendront porter assistance au Scarab), sans oublier sa participation aux aventures du Judge Dredd ou à celles de Rogue Trooper, il est aussi le scénariste de la série New Statesmen, pour la revue Crisis, qui met en scène des super-héros d’un point de vue très différent de ce qui se faisait habituellement aux U.S.A, du moins à l’époque.
Toujours est-il que si son traitement pour la série Hellblazer n’a pas été retenu, il écrira néanmoins une histoire bouche-trou (fill-in) au cours du run de Garth Ennis (le cinquante-et-unième numéro), Stuart Moore alors editor chez DC, le contacte pour lui demander s’il a des propositions pour le titre Dr Fate, série qui n’a jamais fait partie des meilleurs ventes de l’éditeur, mais qui se trouve alors un peu à bout de souffle d’idées. 
N’ayant de son propre aveu, jamais lu aucune aventure de ce personnage, Smith fait quand même des propositions à Moore. Lesquelles sont jugées un peu trop extrêmes pour une série grand public, par les instances éditoriales. 

Peu de temps après cependant, l’editor revient à la charge avec une autre proposition : réécrire le pitch qu'il destinait au Dr Fate pour en faire une série inédite, publiée par une nouvelle collection nommée Vertigo.
.... Ce label, qui vient d’être – officiellement – lancé en janvier 1993, destinée à la « génération X [..], généralement déboussolée et cynique, qui lit de l'horreur et retrouve dans ses comics l’atmosphère un peu nihiliste du monde actuel »**, va accueillir Scarab (dont le premier numéro sera en vente à la mi-octobre de cette même année), la série dont les idées avaient été proposées pour le Dr Fate. Ou plutôt la mini-série. 

En effet, Karen Berger executive editor de Vertigo, qui apparemment n’aimait pas le travail de John Smith, décidera d’en faire une mini-série de huit numéros (sans lendemain, malgré ce que pourra en dire Stuart Moore dans la page courrier). 

Entre cette décision, des directives étranges venues de Berger et des problèmes de censures, Smith perdra pas mal de son enthousiasme. « C'est une longue et déprimante histoire, pavée de mauvaises intentions et d'efforts mal orientés » dira-t-il de son passage chez l’éditeur new-yorkais, dans une des rares interviews qu’on lui connaît. 

Effectivement le résultat est assez bancal.
Et pourtant, en lisant (avec plaisir) ces 8 numéros, j’ai aussi lu des histoires avec un fort potentiel, rappelant parfois ce dont était capable Grant Morrison. Les aventures d’une sorte de super-héros dans un univers de BD d’horreur à la Clive Barker. Une ambiance renforcée par le travail de Scot Eaton, et Mike Barreiro à l’encrage.
Une approche finalement plutôt inédite.

…. En conclusion, je dirais que les huit numéros de Scarab sont d’une lecture relativement exigeante, à la fois de par leur ambiance, mais aussi du fait d’une écriture très littéraire de John Smith (et de ses idées très excentriques), tout autant que par l’état de déliquescence qui ronge, petit à petit le scénario ; et dont on a beaucoup de peine à voir où il mène.

À réserver aux aficionados du scénariste britannique et aux curieux.
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* Ces deux personnages participeront ainsi à l'expansion de ce qu'on appelle le « smithiverse ». Un univers discret qui s'exprime au travers des différents personnages qui se retrouvent dans les différentes séries écrites par Smith, sans que celles-ci n'aient - forcément - de points communs. Comme ici Indigo Prime publiée par 2000AD et Scarab par DC Comics.

**Pour paraphraser Patrick Marcel auteur d’un excellent dossier sur ce label (SCARCE n° 41 & 42)

dimanche 6 août 2017

Age of the Wolf [Alec Worley/Jon Davis-Hunt] 2000AD

Si Rowan Morrigan refuse de se soumettre au sacrifice que lui impose une antique prophétie, la série dont elle est l’héroïne refuse elle aussi de se plier à une mentalité (au moins) tout aussi ancienne, et patriarcale.

.... S’articulant sur l’itinéraire bien connu du « Voyage du héros », emprunté aux travaux de Joseph Campbell, Age of the Wolf [2000AD #1700-1708/septembre-octobre 2010] y substitue – en toute connaissance de cause et de manière revendicative – une héroïne audit héros. 

Laquelle, habitée par le stéréotype de sa génération : le refus de se soumettre que l’on prête volontiers aux « enfants du millénaire », n’en est pas moins aussi l’héritière d’un patronyme qui n’a pas été choisi par hasard. Un aspect que je développerai lorsque viendra le moment d'aborder le second chapitre de la trilogie qu'ont créée Alec Worley & Jon Davis-Hunt pour le périodique britannique 2000AD
Carburant diégétique à fort potentiel, capable d’influencer jusqu'à la mise en récit, équipé comme on l’a vu d’une carte qui a fait ses preuves, Rowan Morrigan n’est pas seulement l’héroïne d’une fantasy post-apocalyptique pré-apocalyptique plutôt divertissante, et spectaculaire (grâce à Jon Davis-Hunt), elle est aussi le héraut (sic) d’une nouvelle manière d’être au monde. Où il ne sera plus seulement question que les « les hommes agissent et les femmes apparaissent » (selon la thèse développée par John Berger). 
Un avant-goût d'Age of the Wolf : She is Legend
.... Quand bien même est-ce à l’échelle modeste et relativement confidentielle qui est celle d’une bande dessinée de genre.


(À suivre ....)

samedi 5 août 2017

Judge Dredd : [Uncivil Partnership] Alec Worley/Eric Powell

.... Aujourd'hui je vous propose une aventure du Judge Dredd, parue dans un numéro spécial lié au Free Comic Book Day, mais pas n'importe quelle aventure.
En effet, elle est dessinée par Eric Powell le talentueux créateur de The Goon, et scénarisé par Alec Worley. Mais ce dernier parlera moins aux amateurs de « comics » francophones traduits en français, puisque le marché Hexagonal est trusté par la BD américaine (quand bien même nombre de scénaristes et de dessinateurs britanniques travaillent aussi pour le marché américain ; mais pas Worley).

Or donc Powell n'a pas fait les choses à moitié, et ceux qui aiment son travail sur ses propres créations, ne seront pas dépaysés.









vendredi 4 août 2017

Furies [Arthur Wyatt & Alex de Campi]

18/07/2017
.... Alex de Campi, dont je suis le travail depuis « SMOKE » (dessinée par Igor Kordey), arrive dans l'univers du Judge Dredd, et s'en réjouit. Déplorant au passage (Judge Dredd Megazine n° 383) que les éditeurs étasuniens ne laissent pas les femmes scénaristes écrire des personnages tels que Superman, Batman ou Captain America.    

Seconde femme (après Emma Beeby) à écrire ce personnage majeur de l'univers développé depuis 40 outre-Manche [Pour en savoir +], elle collabore ici au scénario avec Arthur Wyatt. Lequel s'était – entre autres - déjà frotté à une suite (sous forme de bande dessinée)  de Dredd, le film de 2012, intitulée « Underbelly ».

.... « Furies » l'histoire dont il est question ici (1er partie parue dans le Judge Dredd Megazine n°386), écrite en collaboration avec Alex de Campi donc, et dessinée par Paul Davidson s’y plonge également, en s’intéressant cette fois à « Clan Techie » (alias Domhnall Gleeson dans le film), l’expert en ordinateur du clan de Ma-Ma (alias Lena Headley). 
Les 10 planches proposées dans ce premier épisode révèle un scénario assez cliché pour ce type d’histoire, laquelle peut se résumer (pour l'instant) à : « un type rangé des voitures est tenté de replonger dans le milieu interlope qu'il avait fui », laquelle, si elle devait n'en pas sortir, serait bien décevante. 
.... Il reste donc aux deux scénaristes - chevronnés, faut-il le rappeler - encore deux épisodes, probablement d’égale pagination que le premier, pour faire de « Furies » autre chose que ce qu’elle laisse – pour l’instant – entrevoir. 


(À suivre ...)

mardi 1 août 2017

Judge Dredd [Ghosts] 2000AD

.... Une intervention banale de Dredd prend un tour inattendu lorsqu'il apprend la mort d'une enfant entrée à l'Academy of Law.

« Ghosts », scénarisée par Michael Carroll – dont j’aime assez le style – aurait pu durer plus que les 36 planches dont elle a bénéficié. Plutôt que de tirer à la ligne, Carroll resserre son intrigue en faisant des choix qui retiennent l’attention autant qu’ils dépeignent le contexte dans lequel elle se déroule, sur le mode du « show, don’t tell ». 

En très peu de pages donc, on s’immerge dans les « us & coutumes » de Mega-City One avec une facilité déconcertante ; quand bien même étions-nous ignorant de son existence avant de nous y plonger. 

« Ghosts » bénéficie, outre le savoir-faire d’un scénariste qui connaît son travail, des dessins de Mark Sexton. 
Sens du détail et mise en récit astucieuse & dynamique, le plan-séquence (si j’ose dire) ci-dessous est assez bluffant (et tout à fait représentatif de son travail) :



À l’image de l’ensemble des planches qui composent cette histoire. 

.... Une plus-value artistique (encore rehaussée par l’excellent travail de Len OGrady à la colorisation) qui permet à « Ghosts » d’obtenir la mention « Très bien », et de me laisser un excellent souvenir.