samedi 22 août 2015

Le MONOMYTHE (Joseph Campbell)

"Ok ! Le héros a des problèmes, le héros résout ses problèmes"
Kurt Vonnegut

Mara Thalia
... La théorie de Joseph Campbell est la suivante ; tous les mythes et récits épiques sont liés entre eux dans l'imaginaire humain et sont les manifestations culturelles d'un besoin humain universel d'expliquer les réalités sociales, cosmologiques et spirituelles.
Campbell spécialiste en littérature médiévale a été fasciné par les cultures amérindiennes dés son plus jeune âge, ensuite il a été influencé entre par l'art de Picasso, celui de Matisse, les écrits de Freud et de Jung ainsi que par les romans de Thomas Mann et de James Joyce.
C'est à ce dernier qu'il a emprunté le terme "monomythe".

Paradoxalement alors que c'est certainement le film Star Wars qui l' a fait connaitre du grand public, c'est en résistant "férocement" à l'appropriation de la culture savante par la culture populaire dans deux articles qu'il a commencé à synthétiser ce qui allait devenir le monomythe.
Pour le dire vite, l'un des arguments favoris de Campbell contre Thornton Wilder - qui avait mis en scène une pièce de théâtre s'inspirant fortement de Finnegans Wake et qui avait beaucoup de succès, contrairement au roman de Joyce (ce qui ne plaisait pas à Campbell), l'argument principal de Joseph Campbell donc était que "James Joyce est le premier à avoir compris à quel point les histoires modernes sont des mythes réécrits à chaque époque et communs à toute l'humanité". (Cf. Richard Mèmetau). 
C'est à cette occasion que Joseph Campbell emprunte à l'écrivain irlandais le terme de "monomythe" : "les mythes de toutes les civilisations pourraient au fond ne former qu'une seule et même histoire, et fournir une unique vérité à ressasser à l'ensemble de l'humanité." Richard Mèmeteau : Pop Culture Réflexions sur les industries du rêve et l'invention des identités).

Extrait de Finnegans Wake où apparaît le terme "monomythe" :

Chapitre 16 :

581
    N’importe comment (l’affaire est troubleuse et pénile pour un sou) l’avaient-ils pas appelé à beaucoup à leur meeting d’indignation feinte, vective de vengeance de vehmecs à la volley, inwader et uitlander, les notables, écrachant dans leurs barbes montées de souillivan la diffamation sur lui, leur patriarche juste et renomsable ? […..] Au carryfour avec aulus plaucius, leur happyâne claudiuse ! Et ainsi d’aussi les triviales ! Et leur bivouac ! Et son monomythe ! Ah ho ! N’en dis pas plus ! Je suis désolé. J’ai vu ! Je suis désolé ! Je suis désolé de dire que j’ai vu ![……]


Veillée Pinouilles traduction française d’Hervé Michel de Finnegans Wake de James Joyce

Accessoirement c'est aussi à James Joyce (dans le même roman) que l'on a emprunté le mot "quark". [-_ô]


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