samedi 21 septembre 2013

The Fabulous Four

À la veille de créer les Fantastic Four Martin Goodman n'est pas un débutant dans le milieu de la bande dessinée étasunienne.
Dés 1939 il publie son premier comic book (Marvel comics #1) au sein de sa maison d'édition Timely Comics.

Pour mémoire l'Histoire des illustrés de bandes dessinées aux Etats-Unis commence en 1935 avec la publication de New Comics publié par le Major Malcolm Wheeler-Nicholson. Ce numéro réunit trois critères pour être considéré comme le "premier" comic book selon moi : un contenu inédit, en couleurs et vendu en kiosque. Ceci étant, la bande dessinée en tant que telle n'a pas attendu 1935 pour apparaître aux U.S.A, et les comic books eux-mêmes ont connu avant 1935 quelques expérimentations, mais en septembre de cette année-là, le profil type (hormis la taille de l'illustré) de ce nouveau genre de publication est mis en place avec cette parution.

Mais revenons à Martin Goodman.
La particularité de cette revue, Marvel Comics #1, est d'être produite par un atelier de création de comic books (Funnies Inc.) qui fournit aux éditeurs des illustrés "clef en main" : écrits, dessinés et mis en couleurs. 
Dans ce numéro s'illustrent notamment trois personnages promis à un bel avenir : The Sub-MarinerThe Human Torch, et Ka-Zar (ce dernier est par ailleurs né dans les pulps). 
Pour la petite histoire la couverture du premier Marvel comics est réalisée par le talentueux artiste Frank R. Paul notamment connu pour ses illustrations de pulps de science-fiction. 
Le dirigeant de cet atelier de création, Funnies Inc. donc, est alors un certain Lloyd Jacquet qui était par ailleurs quelques années plus tôt, en 1935, editor pour le Major Malcolm Wheeler-Nicholson au sein de National Allied Publications, une maison d'édition qui sera plus tard connue plus tard sous le nom de DC Comics, et qui a donc publié au sein de National Allied Publications le "premier" comic book de l'histoire : New Comics
Le monde des comic books est alors petit, nous verrons qu'il est aussi compliqué.
Ainsi, trouve-t-on au commencement des deux plus importants éditeurs actuels de bandes dessinée des Etats-Unis un point commun en la personne de Lloyd Jacquet. Ce ne sera pas le seul.
1947
Mais comme nous l'avons vu, Martin Goodman ayant pris une mauvaise décision en 1956 sa maison d'édition connue à cette époque sous le nom d'Atlas se trouve tributaire de l'un de ses concurrents : DC Comics. Cependant, lors d'une partie de golf, Paul Sampliner président d'Independent News son distributeur (qui appartient donc à DC Comics) lui parle du succès que rencontre la Justice League of America du Distingué Concurrent.
De retour à son bureau Goodman ordonne à Stan Lee de s'inspirer de ce groupe de super-héros qui semble avoir le vent en poupe et d'en créer un qu'il puisse publier.

Le principe de continuité se caractérise par un univers fictif commun où les personnages des divers titres d'un même éditeurs se rencontrent, s'affrontent, se réunissent, et où les événements peuvent avoir des effets et des répercussions à travers des comic books différents. Dans une certaine mesure tous les récits publiés par un éditeur tendent à former un seul grand récit, et théoriquement les protagonistes portent sur leurs épaules le poids de leurs actions passées. Pour le meilleur et le pire.
Ce principe de continuité est facilité par la politique éditoriale qui contractuellement n'envisage que le work for hire, c'est-à-dire le travail de commande dont le résultat devient la propriété de l'éditeur et pas celle des scénaristes et des artistes qui l'ont réalisé. Cependant c'est un peu moins vrai de nos jours, où le creator-owned (une série où le créateur en possède les droits) se fait une place dans le maquis éditorial étasunien. 

Ce principe dit de continuité donc, est né des cogitations de Sheldon Mayer et de Gardner Fox lorsqu'ils réunirent plusieurs super-héros, à l'hiver 1940-1941, au sein d'une équipe : la Justice Society of America (All-Star Comics #3). Une équipe qui servira de modèle à la Justice League of America presque 20 ans plus tard. 
Cette idée, qualifiée par Robert Overstreet de "concept le plus révolutionnaire depuis la création des super-héros eux-mêmes", trouve peut-être sa source en 1912 dans les pages de The Century Magazine (1881-1930). Carolyn Wells y créée La Société des Détectives Infaillibles réunissant rien de moins que Sherlock Holmes, Auguste DupinArsène Lupin ou encore Monsieur Lecoq, etc. Cette équipe de détectives littéraire vivra une seconde aventure en 1915 dans la même revue.
Janvier 1912
Une équipe qui a la particularité que ses membres se réunissent autour d'une table pour se raconter leurs aventures, à l'instar des premiers épisodes de la Justice Society of America.

Quelques année avant ses déboires, en 1946, Martin Goodman alors à la tête de Timely, qui deviendra donc successivement Atlas puis Marvel, s'inspirera de la Justice Society of America pour créer l’éphémère All-Winners Squad (L'Escadron des Vainqueurs) composé de Captain America, de Bucky, de The Human Torch, de Toro, de The Sub-Mariner, de The Whizzer et de Miss America.

En 1961 l'histoire semble vouloir se répéter lorsque Martin Goodman décide de s'inspirer du successeur de la Justice Society of America.

La genèse des Fantastic Four est pour le moins complexe, et les années n'ont pas amélioré la situation. 
Ainsi la partie de golf est-elle loin de faire l'unanimité, de même que la composition de l'équipe : certaines sources disent que Martin Goodman voulait utiliser les personnages de Timely : Captain America, Namor, The Human Torch etc.
D'autres affirment que c'est Lee qui a eu cette idée. D'autres encore déclarent que c'est Kirby qui a proposé de créer de nouveaux personnages, d'autre affirment que c'est Stan Lee. Par ailleurs Lee et Kirby n'ont pas été avares pour alimenter ce flou artistique avec leur propres déclarations.
Même le nom de l'équipe prête à la controverse : Lee & Kirby seraient venus proposer The Fabulous Four, que Goodman aurait changé en The Fantastic Four.
Le synopsis de la première aventure des FF, écrit par Lee, retrouvé par hasard par David Anthony Kraft (entre autres scénariste chez Marvel) bien des années après la publication du premier numéro est l'objet de controverses et de réfutations (d'ailleurs durant un temps le bruit a couru que c'était Roger Stern (editor & scénariste) qui avait retrouvé ce synopsis !??). 
    
Selon l’essayiste Michael Vassalo la première aventure des Quatre Fantastiques aurait dû paraître dans la revue anthologique (c'est-à-dire contenant différentes histoires) Amazing Adventures, ce qui explique l'étrange déroulement de l'épisode, avant que Martin Goodman ne se ravise et offre au quatuor son propre comic book
Bref, il existe un nombre incroyable d'histoires, de légendes, de déclarations contradictoires au sujet de ce premier numéro des Fantastic Four. dans le prochaine épisode de ma propre enquête je vous en proposerai quelques uns ; certains connus, d'autre beaucoup moins.  
(À suivre ....)

4 commentaires:

  1. Je ronge mon frein...

    Merci, Arty, et vivement la suite.

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    1. La suite est en train de s'écrire, à bientôt.

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  2. Tiens, à propos de Roger Stern et de contrefaçon, tu devrais demander à Jim de te parler du Dr Strange et du Dr Fatalis...

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