dimanche 19 novembre 2017

SHI t1 [Zidrou/Homs]

.... Entraîné d'entrée de jeu par la saisissante couverture de José Homs, et tenu en haleine par ses toutes aussi magnifiques planches, que j'ai lues d'une traite, je suis complétement passé à côté des nombreuses faiblesses du scénario. Lesquelles ne me sont apparues qu'au moment de réfléchir au billet critique que j'avais envie d'écrire sur ce premier album - intitulé Au commencement était la colère - d'une série annoncée en 4 tomes.

Cela dit Zidrou, et c'est tout à son honneur de scénariste, n'est pas plus étranger à cette situation que son complice.
Tout le talent de José Homs s'exprime dans cette case, onomatopée comprise
C'est d'ailleurs à mes yeux un talent, que de réussir à faire oublier au lecteur que l'histoire qu'on lui propose repose sur des fondations aussi ténues.

En très exactement deux pages et un coup de théâtre, ils ferrent celui qui voudra bien entamer la lecture de leur album pour ne plus jamais en relâcher la pression. 
Rien ne sera épargné à leurs personnages, ni au lecteur.

Lequel verra sa suspension d'incrédulité toute aussi malmenée que l'existence des deux héroïnes, mais sans que jamais elle(s) ne cesse(nt) d'agir. 
Un prouesse en soi.  

Même les dialogues flirtent parfois avec l'incongru. Ainsi, en quoi une organisation criminelle qui ne serait composée que de femmes, serait-elle plus difficile à appréhender qu'une autre ?
Et pourtant, tout cela passe au second plan devant la puissance d'un tout (l'album) bien supérieur à la somme de ses parties (dont les quelques faiblesses) qui le compose.
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Mon verdict : Une réussite bluffante (dans tous les sens des termes).

Score : 3 shuriken 

samedi 18 novembre 2017

Brilliant Trash : Tim Seeley & Priscilla Petraites

.... Le catalogue de l'éditeur étasunien AfterShock Comics, inauguré en avril 2015, s'épaissit doucement mais sûrement.
Ce mois-ci est sortie une nouvelle série sous l'égide du prometteur scénariste Tim Seeley, et de la dessinatrice Priscillia Petraites.
Seeley, qui partage son temps entre projets personnels (Hack/Slash, Revival) et travail de commande (G.I. Joe, Batman, ..), nous propose ici une bédé qui anticipe légèrement notre présent.

À partir d'une extrapolation de certaines pratiques de l'industrie pharmaceutique que nous connaissons déjà, et du dévoiement du journalisme, par rapport aux propres attentes du scénariste en la matière, Brilliant Trash s'inscrit dans une société dystopique, dans laquelle Seeley transfuse des individus dotés de super-pouvoir. Individus sur lesquels sera amenée à enquêter la journaliste Kennedy Avis.
Revers de la médaille ; à l'instar de nos sportifs dits de haut niveau contemporains, dépasser ses limites à un prix.  
.... Intitulée à l'origine Life Spanners, cette série aurait dû voir le jour en juillet 2016 du moins si j'en crois l'AfterShoock Genesis paru en mai 2016 (voir supra à gauche), mais avec le dessinateur Gus Storm. 

Brève présentation des créateurs
Pour une raison qui me reste inconnue, le titre et le dessinateur ont changé, mais pas - apparemment - le propos (ni l'éditeur). Les mises en récit graphiques, respectives, semblent aussi partager pas mal de points communs. Du moins sur les planches que j'ai pu comparer comme ci-dessus : à gauche des ébauches proposées en avant-première dans l'AfterShock Genesis déjà cité, lorsque la série s'appelait encore Life Spanners, signées Storm, et à droite l'une des pages du 1er numéro de Brilliant Trash dessinée par Petraites. 
Si lorsqu'on la connaît, la feuille de route de Brilliant Trash a tout séduire, relativement à mes propres goûts du moins, ce premier numéro ne joue pas tout à fait son rôle de « planche d’appel », et reste dans une moyenne basse assez peu motivante. Contrairement, si j'ose une comparaison, à celui d'EGOs la série de Stuart Moore & (justement) Gus Storm que j'ai lu en même temps, et dont je parlerai prochainement.  
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Mon verdict : Doit absolument faire ses preuves au prochain numéro.

Score : 1 étoile.

Alan Moore : 23360 nuits

.... À l'occasion de la 23360ème nuit d'Alan Moore, je vous propose un entretien publié dans le numéro 584 du mensuel Le Magazine Littéraire, à l'occasion de la sortie du deuxième roman d'un des derniers magiciens du monde occidental :

 
 
 
 
Une manière de saluer le travail extraordinaire de cet  auteur, et de percer son code créatif. 

[-_ô]
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Merci au Magazine littéraire et à Alexis Brocas, le traducteur du présent article.

jeudi 16 novembre 2017

GLOW*** (Ned Beauman/Catherine Richard-Mas)


…. Entre savantes dissertations sur « la chimie du plaisir et les neurosciences sérieuses », géographie pour le moins exotique, syndrome hypernycthéméral (presque un super-pouvoir), GLOW de Ned Beauman donne à lire un roman à la trame narrative particulièrement travaillée & captivante (jusqu’à la dernière ligne).

Sorte de mariage de la carpe et du lapin en tant qu’elle prend place dans un contexte très farfelue et incroyable, lequel pourtant ne laisse jamais le lecteur lâcher prise. Un comble si j'ose dire, pour un roman où les « drogues récréatives » occupent une place à peine plus importante que les renards.

.... Résumer ce roman lui enlèverait tout ce qui fait qu’il est ce qu’il est, un magnifique moment de lecture foisonnant, accessible de ce côté de la Manche grâce à la traduction au style éblouissant de Catherine Richard-Mas (pour les éditions Joëlle Losfeld), un ticket pour un voyage inoubliable & insolite (vendu à moins de 5 euros - frais de port inclus - dans certaines boutiques de seconde main) .
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Mon verdict : Un roman qui m'a donné une envie pressante de lire L'accident de téléportation son précédent, et déjà traduit par Catherine Richard-Mas.

Score : 140 bpm

mardi 14 novembre 2017

Le Sympathisant [ Viet Thanh NGUYEN & Clément BAUDE]


Couverture d'Igor Khersonskyy
.... Alors que l'Histoire est d'ordinaire écrite par les vainqueurs, le cinéma américain - dont le poids sur l'imaginaire collectif occidental (voire au-delà) n'est plus à démontrer - s'en est pourtant chargé pour ce qu'on appelle communément « la guerre du Vietnam ».
Apocalypse Now, qu'il a vu lorsqu'il avait 10 ou 11 ans, aura été pour Viet Thanh Nguyen une sorte d'apax existentiel. Juste retour des choses, l'auteur se charge de lui rendre - dans son roman - la monnaie de la colère que le film a alors suscité en lui.

Expérience formelle autant que roman à l'intrigue captivante, Le Sympathisant épuise tous les genres, dont celui de l'espionnage, et parfois le lecteur (grâce à sa puissance d'évocation). Son style exigeant, rendu par la magnifique traduction de Clément Baude, y conjugue avec un bonheur rare une fluidité dont il difficile de s'extraire & une veine plus expérimentale toute aussi attrayante. Ce livre ne laisse aucun répit à quiconque s'y plonge.

.... Réussite totale, ce roman, le premier de Viet Thanh Nguyen, même si c'est très difficile à croire, se permet malgré tout quelques tours de force qui en repousse encore les limites. Comme si cela était possible.

Disponible en numérique (15,99 €) ou en grand format (23,50 €) aux éditions Belfond.
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Pour la petite histoire j'ai enchaîné presque immédiatement avec un autre roman (Les enfants du Cap pour ne pas le nommer), et si le style extraordinaire de Viet Thanh Nguyen ne fait aucun doute lorsqu'on le lit, l'expérience s'est révélé, rétrospectivement, très cruelle pour celui du roman de Michele Rowe. 

samedi 11 novembre 2017

The Rook*** par Daniel O'Malley & Charles Bonnot

 .... S'appuyant sur un ingénieux dispositif, lequel permet en (grande) partie de masquer le didactisme inhérent à la découverte d'un nouveau biotope et de gérer un suspense bien venu, Daniel O'Malley propose, grâce à la traduction de Charles Bonnot, un roman de fantasy urbaine captivant & plein d'humour. 

The Rook, « Au service surnaturel de sa Majesté », annonce la couleur si je puis dire, dès sa très réussie couverture (due à Jeanne Mutrel), et à son explicite sous-titre. Cela dit, loin d'en gâcher le contenu, ils ont été au contraire un appât plutôt convaincant.

Entre la découverte des personnages, et les nombreuses & bizarres situations auxquels devra faire face Myfanwy Thomas, il ne devrait pas rester beaucoup de place à l'ennui pour un lecteur en quête d'un divertissement de qualité.
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Mon verdict : Un roman à ne pas lire en diagonale, dont l'édition de poche - à un prix très abordable - propose de faire l'expérience.

Score : 3 étoiles sur l'échelle Bobby Fisher

mardi 7 novembre 2017

7 novembre

Affiche de Nina Vatolina (1941)