dimanche 19 février 2017

Le Bon père (Noah Hawley) Série Noire

.... L'Histoire des Etats-Unis n'est pas avare en assassinats d'hommes politiques.
Noah Hawley, peut-être plus connu de ce côté-ci de l'Atlantique comme créateur & scénariste* de séries télévisées : The Unusuals (Pour en savoir +), Fargo ou plus récemment Legion, une série inspirée d'un personnage de bédé de la Marvelpose ce préalable et en explore les tenants et les aboutissants en un peu plus de 400 pages dans son seul roman à avoir été publié dans l'Hexagone
Le Bon père traduit par Clément Baude pour la Série Noire (2013) utilise - du moins me semble-t-il - un canevas on ne peut plus approprié, celui dit des « 7 étapes du deuil » :

•Le choc
•Le déni
•La colère & le marchandage
•La tristesse
•La résignation
•L'acceptation
•La reconstruction

Avec un dosage et des modalités que je vous laisse découvrir.

Or donc, plutôt loin des atmosphères loufoques de ses réalisations télévisées, Noah Hawley a brodé un thriller extrêmement captivant & anxiogène, et surtout plein de surprises, contrairement à ce que je semble dire en énonçant une sorte de recette prête à l'emploi.
.... Jamais là où je l'attendais, décrivant des personnages qui deviennent instantanément des individus, Noah Hawley a écrit une histoire que je n'ai pratiquement pas lâchée une fois commencée. 

Auteur de 4 autres romans entre 1998 et 2016, la lecture de celui-ci - paru aux U.S.A. en 2012 - me fait regretter qu'ils ne soient pas aussi traduits.

_____________
* Il est aussi annoncé sur une adaptation télévisée de l'excellent (et très étonnant) roman de Kurt Vonnegut Le Berceau du chat ; ce qui semble caractériser, si on ajoute les réalisations qu'on lui connaît déjà, un homme dont les goûts me parlent, si je puis dire.


(À suivre ....)

vendredi 17 février 2017

The Punisher : Hollywood Night

.... Fer de lance des justiciers certifiés 17ème parallèle, fabriqués par l'imaginaire des années 1960-1970, Frank Castle alias le Punisher, est l'avatar number one des représentants d'une longue tradition américaine de l'art de rendre la justice : le vigilante (Pour en savoir +).
Cousin germain de Mack Bolan dit L'Exécuteur, il est cette fois entre les mains du scénariste Nathan Edmondson et du dessinateur Mitch Gerards pour un run d'une vingtaine de numéros, précédant de peu le gros événement marvelien de 2015 : Secret Wars.

.... Le moins qu'on puisse dire c'est que sous la houlette d'Edmondson la violence du Punisher s'exprime ouvertement. Les meurtres de sang froid s'enchaînent de façon explicite, et l'utilisation d'armes lourdes ou d'explosifs apparaît - paradoxalement - comme apaisante. De plus cette violence est communicative, faisant de Los Angeles, le nouveau théâtre d'opération du vigilante numéro un de la Maison des Idées, un champ de bataille qui rappellera des souvenirs douloureux. 

.... Dès le départ Edmondson embraye avec une belle idée, mettre aux trousses de Frank Castle une unité des Forces Spéciales. 
Devenu une proie à son insu le Punisher n'en continue pas moins sa croisade contre la criminalité en s'attaquant ce coup-ci à un cartel sud-américain.
L'atout majeur des vingt numéros est à mes yeux, sans conteste, Mitch Gerards.
Dessinateur, mais aussi encreur et coloriste, Gerards qui réalise aussi de très belles couvertures, est parfois remplacé par certains de ses pairs et alors, la différence se fait - plus ou moins - cruellement sentir.

Et dans ces moments-là le scénario montre aussi ses faiblesses :

•Pauvreté des dialogues
•Complaisance dans la violence
•Scénario très trop basique
•Manque d'humour
•Prosélytisme

En outre plusieurs choix éditoriaux sont contre-intuitifs.
Rien de rédhibitoire dans le strict cadre d'un tel personnage et dans une production mensuelle de grande consommation, mais ce Punisher angelin n'arrive pas vraiment à décoller.
Petite erreur de la traductrice Nicole Duclos,
on parle plus communément d'un étui d'aisselle
Au point que la meilleure idée du scénario (voir supra) est traitée comme on s'y attend. Et qu'il aurait été préférables d'inclure les deux derniers épisodes (#19 & 20) juste avant le 18ème.
Peut-être a-t-il aussi manqué à Edmondson du temps (Secret Wars oblige), car il tente deux percés intéressantes en sous-entendant l'aspect viral de l'entreprise de destruction massive qu'est le PunisherD'abord avec Sam, dont l'évolution est plutôt intéressante, puis avec Tom, sans lendemain

Il se montre aussi très à l'aise avec l'unité des Forces Spéciales lancée aux trousses du Punisher, à qui il consacre d'ailleurs un épisode entier.
.... En définitive Nathan Edmondson & Mitch Gerards (and Co.) offrent au Punisher une parenthèse très « Hollywood Night » (du nom d'un célèbre label de séries télévisées estampillées années 90), à laquelle il n'aurait pas fallu grand chose pour en faire un run plus mémorable. 
Dommage !
_________________
Scénario : 5,97/10 
Dessin : 6 /10 
Appréciation globale Mission accomplie, malgré des tirs amis. 

lundi 13 février 2017

J - 77 (Ben H. Winters)

.... Lire (dans le cas d'espèce), c'est accorder ou pas sa confiance à l'auteur de ce qu'on lit.
Ainsi après 140-150 pages à peu près (/340), j'en étais à me demander si j'allais ou non abandonner Hank Palace à ses turpitudes ?

Cela dit, Ben H. Winters avait eu pour ce deuxième opus de sa trilogie, la bonne idée de ne pas copier l'efficace formule de son premier tome ; mais force m'étais de constater que celle emprunter me paraissait beaucoup moins captivante que la précédente. Quand bien même sa description d'une société pré-apocalyptique valait son pesant de cacahuètes salées.
Un peu moins attractive certes, mais j'avais toutefois en mémoire le brio avec lequel il s'était sorti du labyrinthe qu'il avait lui même échafaudé dans Dernier meurtre avant la fin du monde.
Et ce n'était pas rien !

Bien m'en pris de fétichiser la bonne impression que m'avait laissé son whodunit pré-apocalyptique puisque, passé les 150 pages où j'en étais arriver (à me poser la question qui me vaut d'écrire ce que j'écris), une révélation me sort de ma torpeur ; et avant même que je ne me ressaisisse : un twist en forme de croc-en-jambe m'étale pour le compte.

Sacré Ben (si je peux me permettre), tu as un foutu sens du timing 

Pourvu que ça dure !      

Dr Strange & the Sorcerers Supreme (n°1 à 5) MARVEL

…. À l’instigation de Nick Lowe, l’editor* de l’actuelle série régulière consacrée au Doctor Strange, et faisant immédiatement suite à l’arc intitulé Last Days of Magic**, Robbie Thompson a concocté une série dérivée (spin-off) de celle d’Aaron & Bachalo  : qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lue, réunissant plusieurs « sorciers suprêmes » - appellation chère à la Maison des Idées – qui respecte l’accroche, la tessiture et l’ambiance voulues par Lowe. 

N’oublions pas que les maisons d’édition américaines fonctionnent encore beaucoup sous le régime du travail de commande (work for hire), où le rôle de l’équipe créative (scénariste, dessinateur, encreur, lettreur, coloriste) est de fournir ce que demande l’éditeur via leurs editors
Ces derniers, qui contrôlent le travail & les agendas, mettent en relations scénariste et dessinateur, etc., veillent à la cohérence des histoires dont ils ont la charge (et toutes celles qui sont produites), apportent aussi des idées et une direction générale au scénariste. 
Lequel n’est donc pas forcément à la base de ce qu’il écrit, pas plus qu’il ne décide forcément de la direction que prendra la série qu’il scénarise, et des aléas que rencontreront les personnages. 

On peut d’ailleurs faire un parallèle entre le travail d’un editor aujourd'hui, et celui qu’effectuait Stan Lee – toujours crédité alors du poste de scénariste - avec des dessinateurs comme Kirby ou Ditko lorsqu’il utilisait la « méthode Marvel » dans les années 1960-1970. 
Ces dessinateurs occupaient alors plus vraisemblablement un poste de scénariste/dessinateur, que celui de dessinateur.
…. Robbie Thompson, étoile montante en devenir de l’écurie des scénaristes de la Marvel, réutilise ici une formule élaborée dès les années 1960 pour l’éditeur par le célèbre duo Stan Lee & Jack Kirby.
À l’instar de l’équipe des Vengeurs d’alors, une menace d’envergure contraint plusieurs super-héros (ici ce sont des super-sorciers) à faire alliance, donnant ainsi naissance à une équipe inédite et accessoirement, (mais certainement pas par hasard), à une nouvelle série à suivre (ongoing) : Doctor Strange and the Sorcerers Supreme.

Celle-ci est composée : 

•  de Merlin, des légendes arthuriennes (du moins l'un d'entre eux) 
• du Docteur Strange de la série ripolinée par Jason Aaron & Chris Bachalo 
• de Sir Isaac Newton du S.H.I.E.L.D., un organisme inventé par Jonathan Hickman
• de son serviteur le Mindful One 
• de Wiccan, des Jeunes Vengeurs, devenu le sorcier suprême de l’avenir de la Terre 616 
• de Nina the Conjuror, une sorcière brésilienne dans le genre aventurière intrépide made in années 50 
• de Kushala, une sorcière Apache ; les super-héros « Indiens » sont suffisamment rares dans les pages des comic books pour que cela me réjouisse. Elle est une incarnation de « l’Esprit de la Vengeance » des années 1800. 
• et du « jeune » Ancien, qui deviendra le mentor de Stephen Strange
Un patchwork de personnages connus, plus quelques nouvelles têtes – souvent féminines -, à la croisée de différentes chronologies de la « continuité*** » Marvel.

…. Chaque numéro est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les membres de cette nouvelle équipe (une formule qui a aussi déjà fait ses preuves) au fur et à mesure que se déroule l’aventure concoctée par Thompson, Javier Rodriguez, Alvaro Lopez & Jordie Bellaire. Plus le studio VC's Joe Caramagna au lettrage.
Puis par Nathan Stockman aux dessins, et Tamra Bonvilain aux couleurs (à partir du #5).

Si l’apport de Lowe et Thompson ne compte pas pour rien dans le plaisir que j’ai tiré des 5 premiers numéros de la série, il est clair que c’est d’abord le travail de l’équipe artistique qui m’a enchanté. 
En introduisant de nouveaux personnages au design très réussi : Nina et surtout Kushala, et en utilisant une stylique déjà connue, mais que j’ai toujours beaucoup aimé, pour un autre nouveau venu : le Mindful One, le dessinateur Javier Rodriguez a immédiatement capté mon attention. 
Ses planches, colorisées par Jordie Bellaire & encrées par Alvaro Lopez, ont achevé de me captiver. 
Toujours très lisibles, elles ne s’interdisent ni les effets spectaculaires ni la variété d’un storytelling redoutablement efficace. 
En effet, le scénario de Robbie Thompson s’est révélé bien plus prévisible que la météo, et son intérêt réside essentiellement – à mes yeux - dans le rôle qu’il va donner à chacun, et à la nature des obstacles qu’il va dresser dans la quête qu’il impose à son équipe de « sorciers suprêmes ». 
Rien de répréhensible ni de désagréable non plus, mais pas grand-chose de nouveau sous le soleil de son imagination. Du moins pour l’instant.
…. Si la bédé étasunienne, de surcroît mainstream (autrement dit du courant dominant le marché id est : de super-héros) est le résultat d’un travail d’équipe, chaque lecteur est à même d’apprécier - à l’aune de sa propre idiosyncrasie - l’apport des différentes parties qui composent ce tout.

Et dans le cas des « Sorcerers Supreme », le pool artistique est celui qui fait – à mes yeux - toute la différence entre s’abonner à une série, ou pas.


(À suivre ….)
________________________

* Editor est un poste qui se situe approximativement, entre celui de rédacteur en chef d’un quotidien et celui de directeur de collection d’une maison d’édition. Ce n’est pas ce qu’on appelle communément dans l’Hexagone, un « éditeur ». 
En outre ce poste est à géométrie variable, à la fois dans le temps et selon les maisons d’édition et/ou la trempe de ceux qui occupent ces postes. 

** L’arc complet intitulé Last Days of Magic comprend les numéros 6 à 10 de la série Doctor Strange et deux numéros spéciaux (tie-ins) qui accompagnent l’arc narratif en question :

- Doctor Strange: The Last Days of Magic #1  
- Deadpool: The Last Days of Magic #1. 

Le tout a été publié aux U.S.A. entre mars et juillet 2016. 

*** La continuité ou principe de continuité, n’est pas comme pourrait le laisser entendre ce terme le respect d’une chronologie. Du moins pas seulement. 
C’est aussi le respect d’une cohérence entre toutes les séries publiées par l’éditeur qui consent à en jouer le jeu. Ainsi chaque numéro produit par Marvel (et les péripéties qu’il contient) doit-il – c’est un impératif - pourvoir être lu de manière diachronique et synchronique. Hormis cas particulier(s).

dimanche 12 février 2017

Dernier meurtre avant la fin du monde (SUPER 8 Éditions)

.... L'idée de Ben H. Winters est aussi simple qu'elle est géniale ; suivre une enquête policière dans un monde - qui pourrait être le notre - alors que l'humanité entière sait que sa fin est imminente.
Sachant cela, il apparaît important pour quiconque lit cette enquête, que ce qui peut pousser un homme à en tuer un autre et surtout, à maquiller ce meurtre en suicide (?), doit être à la hauteur du mal qu'il s'est donné pour le faire.
Bien plus que dans une société qui a encore l'avenir devant elle.  
Après avoir lu ce premier tome qui, suivi de deux autres romans, forme une trilogie dont son enquêteur -Hank Palace - est le centre, tient toutes les promesses de son astucieux contexte, subtilement réfléchi (et différent du notre). 

Ben H. Winters y ajoute même une révélation (hénaurme), qui compte tenu de la manière dont il a résolu l'obstacle du mobile de son Dernier meurtre avant la fin du monde, laisse présager quelques pages de lecture très agréables à venir ; approximativement 660 pages, en deux livraisons :

J -77
Impact

Toujours chez SUPER 8 éditions, et traduites par Valérie Le Plouhinec.

Et cerise sur le gâteau, Hank Palace, nous apprend que son livre préféré est Wachmen.  [-_ô]  
______________
Egalement disponible en poche chez 10/18

samedi 11 février 2017

Jo Walton : Le Syndrome de Stockholm

Le Cercle de Farthing 
Hamlet au paradis
Une demi-couronne

Morwenna

Mes vrais enfants

…. Commencé avec ce qu’il est convenu d’appeler la série dite du « subtil changement », j’ai ensuite enchaîné sans aucun temps mort, avec le reste des ouvrages de Jo Walton que l’on trouve traduits dans l’Hexagone.
Dire qu’elle écrit des romans est une imposture, Jo Walton réalise des prise d’otages, dont le syndrome de Stockholm n’est pas le moindre des effets.

Le Cercle de Farthing, premier tome d’une trilogie, est une remarquable uchronie qui commence comme un whodunit (kilafé) et se révélera très astucieux.
Les deux autres tomes consolident cet univers autours du personnage principal, tout en s’éloignant ostensiblement de ce qui fait l’originalité du 1ertome, sans pour autant perdre ce qui en faisait l’attrait. Manifestement Jo Walton a quelque chose à dire sur certains sujets, et cette trilogie du « subtile changement » est l’occasion de le faire ; tout en garantissant un divertissement de qualité. Un cocktail très efficace pour le coup.

Les sujets de préoccupation de l’auteure, s’invitent encore dans Morwenna, magnifique roman, qui entretient un merveilleux flou sur la réalité de ce qu’on apprend – au travers de son journal – de la vie de l’héroïne éponyme. Jo Walton n’a pas que des idées, elle a aussi un style et une sensibilité qui ne m’ont pas laissé de marbre. (Grâce soit ici rendue aux traducteur-e-s des 5 romans : Florence Dolisi & Luc Carissimo) 

Après l’uchronie et le fantastique, l’écrivaine s’attaque d’une manière très originale aux univers parallèles. Comme dans ses précédents romans le plus remarquable est peut être la manière qu’elle a de dessiner en creux, par petites touches, ce qui différencie notre réalité de celles qu’elle décrit. Et dans le cas de Mes vrais enfants - qui fait mentir l'adage qui veut que la vie est aussi simple qu'un coup de fil - aucuns des deux univers ne correspond tout à fait au notre. 
Autre points forts, ses personnages ne se contentent pas d’en être de bons, ils acquièrent aussi une véritable individualité. Ce qui leur donne une étonnante présence. 
En outre, la relative brièveté de ses histoires (plus ou moins 350 pages), leur donne une fraîcheur et un allant tel, qu’il est difficile d’en suspendre la lecture. Et quand c’est le cas, elles n’ont de cesse de nous inciter à nous y remettre rapidement. 

…. Lu en une semaine chrono, ces 5 romans ont été un très chouette moment de lecture (c'est peu de la dire), et reste une source d'inspiration & de réflexion. Je n'ai qu'un seul regret, ne pas pouvoir dire tout le bien que j'en pense avec le même talent que l'auteure a mis à les écrire.

Jo Walton est désormais une romancière dont je vais guetter les prochains livres.

jeudi 9 février 2017

DEATHSTROKE (Rebirth)

…. En jetant un coup d’œil aux pages que proposent régulièrement les éditeurs outre-atlantiens, en avant-première pour chacun des numéros qu’ils publient, je me suis fait la réflexion que la série Deathstroke - made in DC - prenait une direction qui me rendait décidément très curieux de voir ce qu’elle racontait.

Une curiosité aiguisée par …
• Le retour de Christopher Priest aux affaires
• La nouvelle stylique du personnage
• Un Cary Nord « méconnaissable »
• Et l’apparition du Red Lion 
Deathstroke, c'est d'abord une histoire de wheelons
…. Et force est d’avouer que si j’ai lu d’une traite les 13 numéros parus depuis le redémarrage de l’univers mainstream de l’éditeur new-yorkais (nom de code : Rebirth) avec beaucoup de plaisir, je serais bien en peine d’en expliquer les tenants et les aboutissants à qui me le demanderai.
À part dire avec qui s’allie Deathstroke ou qui il affronte ; et encore j’entretiens des doutes sur certaines « rencontres », tout le reste est assez nébuleux. Et c’est d’ailleurs ce qui me sidère le plus.

Cette absence de cohérence interne (ou supposé-t-elle), n’a en définitive & contre toute attente, pas été un obstacle au plaisir que m’ont procuré ces 13 numéros.
C’est d’ailleurs un peu du même ordre qu’avec les scénarios de Nick Spencer.

En effet, le peu de cas que fait ce dernier des points les plus intéressants de ses récits - si cela m’exaspère beaucoup - ne m’empêche pas de lire ce qu’il écrit avec beaucoup de plaisir, et d’attendre la suite avec beaucoup d’intérêt. Voire, d’enchaîner numéro après numéro.
J’ai eu le même cas d’assuétude avec la série Deathstroke.
Priest, ici avec Denys Cowan, ne s'interdit pas de donner à réfléchir à ses lecteurs
Pris par la lecture, le storytelling incite à continuer, en dépit d’un fil rouge invisible : les événements s’enchaînent, chacun y va de sa « trahison-qui-n’en-était-pas-une », la linéarité chronologique joue aux montagnes russes, les guest-stars sont plus nombreuse que sur le Pacific Princess, et moi aussi je m’amuse comme un fou. 

Plus nombreux que le carré VIP de DC invité dans ses pages, les artistes qui les dessinent se succèdent ; rythme bimensuel oblige. 

Priest, qui de son côté fait feu de tout bois en terme de narration, et l’équipe éditoriale réalisent un joli tour de force, et mettent à contribution les points forts de Carlo Pagulayan, Larry Hama (en storyboarder de luxe), Cary Nord, Denys Cowan, Joe Bennett, je crois que je n’ai oublié personne (du moins si on excepte les encreurs, coloristes, cover artists ou designers) ; qui réalisent à eux tous un parcours sans faute, des épisodes aux ambiances contrastées et rien moins qu’ennuyeux.
Cary Nord garde le cap malgré un changement de style
…. Deathstroke, dopé à la créatine de série B transforme le scénario qui le meut en cri primal au staccato ininterrompu, et traverse à tombeau ouvert les quartiers malfamés de l’imagination où s’agitent : barbouzes, « wheelons », père indigne, rancœur amoureuse et trahison en tout genre (liste non exhaustive). 
The Red Lion
Deathstroke, une série qui fonctionne comme un appartement repeint.

(À suivre …..)